Déclaration de revenus : la deadline, c’est aujourd’hui (pour certains) !

deadline déclaration de revenus

Vous résidez dans l’un des départements allant de 1 à 19 ? Vous avez jusqu’à ce soir minuit pour déposer votre déclaration de revenus en ligne auprès de l’administration fiscale. Même chose si vous résidez à l’étranger mais touchez des revenus de source française. On fait le point à quelques heures de la deadline.

Départements à 1 à 19 : dernier jour pour déclarer vos revenus

Il faut reconnaître qu’elle tombe mal, cette deadline : à peine la saison 8 de Game of Thrones terminée (sur un final qui a déchaîné les passions), voilà qu’il faut retourner à ses responsabilités fiscales.  En effet, que vous soyez choqué(e), déçu(e) ou ravi(e) par les 80 dernières minutes du show le plus suivi au monde, cela ne vous dispense en rien de remplir votre déclaration de revenus.

Deadline du 21 mai : qui est concerné ?

En France, la date limite de dépôt de déclaration de revenus varie selon le département de résidence du contribuable, et le support utilisé (papier ou Internet). Voici donc la liste des départements concernés par cette imminente deadline :

  • 01 – Ain
  • 02 – Aisne
  • 03 – Allier
  • 04 – Alpes-de-Haute-Provence
  • 05 – Hautes-alpes
  • 06 – Alpes-maritimes
  • 07 – Ardèche
  • 08 – Ardennes
  • 09 – Ariège
  • 10 – Aube
  • 11 – Aude
  • 12 – Aveyron
  • 13 – Bouches-du-Rhône
  • 14 – Calvados
  • 15 – Cantal
  • 16 – Charente
  • 17 – Charente-maritime
  • 18 – Cher
  • 19 – Corrèze

Si vous résidez dans l’un des départements listés ci-dessus, vous avez jusqu’à ce soir minuit pour remplir votre devoir de contribuable sur www.impots.gouv.fr. Passé ce délai, vous vous exposez à des pénalités, pouvant aller jusqu’à 10% du montant total de l’impôt.

Prélèvement à la source, CIMR, année blanche… On déclare quoi en 2019 ?

Pourquoi remplir une déclaration, direz-vous, puisque 2018 est une année blanche fiscale ? Tout simplement parce que, pour effacer vos revenus, l’administration fiscale a mis en place un dispositif, le CIMR (Crédit d’Impôt de Modernisation du Recouvrement). Le CIMR calcule le montant de l’impôt que vous auriez dû payer  avant de l’effacer par une formule de calcul complexe. C’est pour cette raison qu’il est indispensable de bien remplir votre déclaration : sans elle, impossible pour le CIMR de savoir combien vous auriez dû payer, et donc de calculer le montant du crédit d’impôt, qui fera tomber votre impôt à 0 €.

Donc, on déclare l‘ensemble de ses revenus perçus en 2018, comme d’habitude. Ainsi que les éventuels réductions et crédits d’impôt auxquels on a droit, sans exception.  Pensez donc bien à déclarer :

  • vos frais réels (si vous estimez qu’ils dépassent l’abattement par défaut de 10% (420 € par an en moyenne)
  • vos dons aux associations (41 € par foyer fiscal)
  • les frais de scolarité de vos enfants (119 € par foyer fiscal)
  • les travaux de rénovation énergétique effectués dans votre logement (1 068 € de perdus en moyenne par famille chaque année)

NB : votre déclaration est préremplie avec les revenus connus de l’administration fiscale. Cela concerne notamment les salaires, traitements, allocations chômage et indemnités de Sécurité Sociale. Vérifiez ces montants. Même l’administration fiscale n’est pas infaillible.

Investir Dans Une Start-Up : Les Do’s Et Les Don’ts en 2019

Investir dans une start-up, un pari risqué… mais le jeu en vaut la chandelle. La French Tech est en pleine effervescence, et beaucoup de jeunes pousses manquent de fonds nécessaires à leur bon développement.  Le rôle des épargnants est donc capital pour soutenir les jeunes entreprises à fort potentiel. Ces derniers sont pourtant peu informés des opportunités de placement dans les start-up ou estiment l’investissement trop risqué et pas assez rentable. Mais, si le risque existe, les plus-values aussi, et également des réductions d’impôts. Voici quelques pistes pour investir dans l’écosystème start-up en 2019.

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Investir dans une start-up : 3 choses à savoir

Placer l’humain au cœur de votre stratégie

La start-up est un placement à part. Nous ne sommes pas dans un montage financier basé sur des capitaux mobiliers ou des fluctuations immobilières. Investir dans une start-up, c’est d’abord investir dans son équipe et dans son management. C’est là toute la complexité de cet investissement. C’est ce qui fait sa faiblesse, mais aussi sa force. Il faut donc être prudent et prêter une attention particulière au  potentiel de l’équipe. En tant que futur investisseur, le potentiel de l’équipe est la clé de voûte de la réussite de votre investissement. Le potentiel d’une team, c’est sa capacité à s’adapter aux changements, à se frayer un chemin dans un contexte ultra-compétitif. Surtout, c’est son aptitude à utiliser les différentes compétences de ses membres pour mener à bien sa stratégie et accomplir ses objectifs. Lorsque vous analysez une équipe, posez-vous ces questions :

  • a-t-elle suffisamment d’expérience ?
  • comment se positionne-t-elle sur le marché ?
  • quelles sont ses principaux skills ?
  • quelle est sa culture d’entreprise ?
  • qu’est-ce qui la distingue des autres (produit, traction, data, vision, etc.) ?

Certains indices peuvent vous renseigner : une start-up dont le produit dépend d’un service rendu par un fournisseur ou des salariés qui n’adhérent pas aux problèmes de l’entreprise a plus de risques de ne pas tenir la route.

Par ailleurs, sachez que, à l’instar des crédits immobiliers, certains investisseurs en capital préfèrent les entrepreneurs expérimentés, qui possèdent un certain “patrimoine” entrepreneurial. Quitte à s’être cassé les dents sur leurs anciens projets. Ceux-là présentent beaucoup plus de chances de réussir que les “first-timers” de l’entrepreneuriat. D’autres au contraire, misent sur les “primo entreprenants“, qui lancent leur premier projet. Bien que ces profils présentent plus de risques, ils possèdent un enthousiasme et un investissement personnel souvent plus affirmés que d’autres plus expérimentés.

Pensez diversité

À l’instar des placements financiers, les investisseurs en start-up ont tout intérêt à diversifier leurs placements autant que possible. Plutôt que de placer la totalité de votre capital dans une seule entreprise, divisez votre investissement pour le placer dans des startups présentes sur des marchés suffisamment larges, dont vous maîtrisez les tenants et les aboutissants. Il est capital que vous saisissiez les possibilités d’évolution des différents marchés dans lesquels vous placez votre argent.

Prêter ou investir ?

La moyenne des start-up affiche un taux d’échec qui varie de 80% à 90% selon les sources. Des statistiques qui auraient de quoi décourager les investisseurs si les canaux d’investissement en start-up n’étaient pas si variés. Selon que vous êtes néophyte ou expert(e) en la matière, il existe différents moyens de souscrire au capital des jeunes pousses. Vous pouvez choisir de prêter de l’argent ou d’investir en capital.

Pour vos premiers investissements, jouez la carte de la sécurité : rapprochez-vous d’investisseurs que vous connaissez ou prenez vos habitudes dans un club de business Angels. Si vous souhaitez minimiser le risque le plus possible, le mieux est encore de passer par une plate-forme de financement participatif (type Ululeou KissKissBankBank). Sur ces plateformes de crowdfunding, les appels à projets font l’objet d’une sélection rigoureuse avant publication. De même, les conditions d’investissement sont négociées en amont. C’est notamment cette garantie de sécurité qui fait le succès de ce type de plateformes : d’après un sondage « Les Français et le crowdfunding “,  1 Français sur 2 est prêt à investir par l’intermédiaire du crowdfunding.

De cette façon, même si vos connaissances en la matière sont limitées, vous placez votre argent dans un contexte sécurisé. Cela permettra de mieux comprendre les mécanismes et mieux défendre vos intérêts. Côté fiscalité, sachez cependant que les règles sont très différentes selon le mode d’investissement. Là où le prêt aux entreprises ne bénéficie d’aucun avantage fiscal, l’investissement en capital bénéficie d’une réduction fiscale sur l’impôt sur le revenu (IR PME) de 18 % du montant investi, plafonnée à 9 000 € par personne.

Investir dans une start-up : les dos et les don’ts en 2019

Les dos

  • Dans un domaine où beaucoup d’entreprises se lancent en même temps sur les mêmes marchés, cherchez ce qui distingue le business model de votre cible de celui des autres. A terme c’est ce qui fera la différence entre les startups susceptibles d’avoir une activité pérenne et les autres
  • Cherchez la transparence : sur la stratégie de l’entreprise, son mode de développement, ses objectifs à moyen et long terme, son mode de rémunération, etc.

Les don’ts

  • Investir dans les secteurs ultra-compétitifs (e-commerce, service aux particuliers, etc.). Parfois, la concurrence est telle que certaines jeunes pousses se font piétiner à peine sorties de terre. Les domaines d’activité des grands acteurs de l’Internet se sont considérablement accrus, il est préférable d’éviter les domaines qui sont dans leur (vaste) secteur de concurrence.
  • Investir dans une start-up qui ne réalise aucun chiffre d’affaires. Un minimum de “traction” est en effet nécessaire pour valider une idée.
  • Comme nous l’avons expliqué, le potentiel d’une start-up réside en grande partie dans son équipe et son management. Si l’un et / ou l’autre ne vous semblent pas suffisamment solides, partez.
  • Attention aux entreprises gourmandes en équipement, ressources humaines, matériel, etc. Leurs besoins en financement sont importants et vous risquez de vous retrouver dilué si vous investissez de l’argent en capital chez eux.

Si 2018 fut une année historique pour l’investissement en start-up, 2019 apparaît légèrement plus risquée pour les investisseurs. La disparition de l’ISF-PME d’une part, et la réalité d’un secteur où seuls les seuls meilleurs survivent peuvent rebuter les venture capitalists. D’où l’intérêt de ne pas se lancer en solo, surtout si l’on débute dans le métier.

Baisse des impôts: le président du Medef se dit « prêt à participer à l’effort »

Bruno Le Maire a rencontré le président du Medef afin de discuter du coup de rabot des niches fiscales

C’était l’une des promesses du président lors de sa toute première conférence de presse jeudi dernier. La baisse des impôts ! Nous l’avons bien compris durant le grand débat, l’une des principales préoccupations des Français c’est la fiscalité. Voilà pourquoi, Bruno Le Maire s’est rapidement mis au travail afin de respecter l’emploi du temps ô combien serré d’Emmanuel Macron. Le ministre de l’économie a reçu ce jeudi le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux pour évoquer la réduction des niches fiscales dont bénéficient les entreprises. L’occasion, pour le patronat, de remettre sur la table la question des impôts de production.

Bruno Le Maire “participe à l’effort”

Le projet est lancé, reste à savoir comment procéder. Lors du grand débat et de la conférence de presse du président, le chiffre de 5 milliards d’euros de baisses d’impôts a été promis. Le gouvernement doit désormais partir en quête de financement, et ce n’est pas une mince affaire. Pour tenir le cap, l’exécutif a pensé à la réduction des niches fiscales dont bénéficient les entreprises. Ces niches fiscales dorment sur environs 40 milliards d’euros.

De quelles niches fiscales parle-t-on ? Des exonérations de charges, des taux réduits de TVA ou encore des remboursements de TICPE (Taxe Intérieur de Consommation sur les Produits Energétique).

Une coupe budgétaire qui inquiète les entreprises. Ce nouveau cap a longuement été abordé par Bruno Le Maire lors de sa rencontre, ce jeudi, avec Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef.

Face à cette crainte, le ministre de l’économie a répondu lors d’une interview dans les echos: “Nous n’allons pas changer une politique économique qui commence à donner des résultats. […] et cela passe par l’abaissement à 25 % du taux d’impôt sur les sociétés pour toutes les entreprises d’ici à 2022”.

Ce à quoi le représentant du patronat a déjà commencé à répondre et à préparer ses arguments. Sur France Inter, mardi, il s’est dit prêt à « participer à l’effort”, à condition que l’on « continue à aider l’appareil productif”.

Une baisse d’impôts “surtout” financée par les entreprises

La première question concerne l’ampleur du coup de rabot des niches fiscales. Edouard Philippe avait été clair lundi dernier: le financement de la baisse d’impôts de 5 milliards devra « surtout » passer par une réduction des niches fiscales. Un propos fort et quelque peu tranchant, que Bruno Le Maire a tenté de tempérer le lendemain. « Il ne s’agit pas de financer l’intégralité de la baisse de l’impôt sur le revenu par une diminution des niches fiscales”, a-t-il déclaré à l’Assemblée nationale, évoquant seulement une « contribution”.

Deuxième question, quels sont les objectifs de ces réductions? À cela, le ministre de l’économie a évoqué trois sources de financement: “La baisse de ces niches, la réduction des dépenses publiques et l’augmentation du temps travaillé, avec une incitation à partir plus tard à la retraite”. De plus, il a tenu à préciser que la réduction des niches fiscales des entreprises dont “l’efficacité n’est plus avérée” ne serait qu’une des sources de financement.

L’an dernier, le gouvernement avait inscrit dans le projet de loi de finances la fin du taux réduit sur le gazole non routier. Cette mesure a été annulée durant le mouvement des gilets jaunes. Mais cette question est à nouveau discutée. A cela Bruno Le Maire a précisé lors de son interview aux Echos: Il est trop tôt pour dire si telle ou telle niche sera supprimée ou recalibrée”.

Dépenses de mécénat

L’exécutif a pensé à d’autres sources de financements que les niches fiscales. Parmi leurs propositions on trouve les dépenses de mécénat. Elles ont déjà longuement été débattues lors de la dernière loi de finances. Sans oublier la “niche Copé” qui est un cas spécifique puisque son évaluation reste difficiles à évaluer.

L’an dernier, le gouvernement avait déjà cherché à diminuer ces aides aux entreprises, sans grand succès.

La fin du taux intermédiaire pour la restauration avait été envisagée, puis écartée. Parallèlement l’inquiétude des Français représentée par le mouvement des gilets jaunes a contraint le gouvernement à revenir sur certaines questions. Notamment, l’iniquité de la fiscalité écologique qui pourrait tenté l’exécutif de revoir les avantages fiscaux accordés à certains secteurs, pointés par la Cour des comptes.

Les taxe Chirac, taxe sur les nuisances sonores, taxe d’aéroport, taxe de l’aviation civile ont déjà été mises en place pour le secteur de l’aéronautique.

Mais le gouvernement discute en ce moment de l’exonération de taxes sur le kérosène. Uniquement pour les vols intérieurs. Cela rapporterait 500 millions d’euros à l’état.

“La baisse des impôts ne sera pas financée à crédit”

Lors d’une interview donnée aux Echos, Bruno Le Maire a abordé la baisse des impôts. Revenons quelques instants sur les propos du ministre de l’économie.

Un pour tous et tous pour un

L’esprit d’équipe, c’est ce qui semble motiver les ministres ces temps-ci. Face aux objectifs ambitieux du président, mieux vaut être plusieurs. “Chaque ministre sera invité à faire des propositions de transformation concernant les organismes dont il a la tutelle. Nous avons déjà montré qu’avec de la volonté politique nous pouvions réduire la dépense publique” souligne Bruno Le Maire. Selon lui, la réforme des Chambres de commerce et d’industrie permettra d’économiser 550 millions d’euros sur le quinquennat. Il n’y a pas trente-six solutions pour atteindre l’ambition du quinquennat Macron. “La réduction de la dépense publique est indispensable pour financer la baisse d’impôts. Elle ne sera pas financée à crédit” affirme le ministre de l’économie.

A la question de l’objectif de 2 % de déficit en 2020, le locataire de Bercy reste vague mais positif: “Je ne veux pas me lancer dans une bataille de chiffres ! […] Nous avons ramené le déficit public sous la barre des 3 % pour la première fois depuis 10 ans”.

Qui en profitera ?

Vient ensuite la question fatidique, qui va bénéficier de la baisse d’impôt sur le revenu ? Là aussi, le ministre suit un calendrier précis. Il compte proposer au premier ministre d’ici juin, une stratégie pour engager une baisse d’impôt dès le 1er janvier 2020. En bon élève, Bruno Le Maire s’active pour respecter les engagements du président de la République.

“Elle (la baisse d’impôt) doit toucher les deux tranches d’imposition où se concentrent le plus grand nombre de contribuables, celles à 14 % et à 30 %.

Pour le ministre “c’est une question de justice”. Le gouvernement souhaite effectivement rendre aux classes moyennes ce qu’elles ont donné en efforts ces dernières années. “La baisse doit viser en priorité la première tranche. C’est pour ces ménages que l’impact du retour au travail peut être le plus difficile”, précise Bruno Le Maire. Pourquoi? À cela, le ministre répond de manière très claire avec un objectif défini: Lorsque vous vivez des allocations, vous n’avez pas toutes les dépenses de ceux qui travaillent […] Je proposerai donc au Premier ministre de diminuer la première tranche à 14 % et de lisser les effets de seuil”.

Au total, ce seront plus de 15 millions de ménages qui bénéficieront de cette baisse.

Y aura-t-il des perdants ?

“Il n’y aura aucun ménage perdant. Seuls les 420.000 ménages les plus aisés ne seront pas concernés par la baisse d’impôt. Dans la mesure où nous neutraliserons les effets pour la 3ème et la 4ème tranche”. précise Bruno Le Maire.

Le pouvoir d’achat des Français est en hausse pour 2019

L’heure est aux bonnes nouvelles. Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques le porte monnaie des français est à la fête. En effet, le pouvoir d’achat n’a jamais connu une telle hausse depuis 2007. L’OFCE a calculé que la moitié de cette hausse proviendra des mesures décidées en décembre en réponse au mouvement des “gilets jaunes”. Après des années de fortes récessions du pouvoir d’achat, notamment en 2013 avec une baisse de 1000 euros, cette hausse de 2.5% est inouïe. Comment l’expliquer ? Détaillons tout cela ensemble.

Raison n°1: les mesures du gouvernement

Depuis le mouvement national des gilets jaunes, les mesures fiscales et sociales sont allés bon train. Apparemment cela s’est avéré être une bonne nouvelle pour nos finances personnelles.  En effet, l’OFCE a calculé que, en moyenne, un ménage verrait son pouvoir d’achat grimper de 850 euros en 2019, dont 440 euros proviendraient des décisions récentes du gouvernement.  C’est d’ailleurs ce que Emmanuel Macron a tenu a souligné lors de sa conférence de presse jeudi.Comment l’expliquer ? Cette hausse du pouvoir d’achat a été possible grâce aux “mesures socio-fiscales redistribuant aux ménages près de 12 milliards d’euros sur l’année (+0,8 point de revenu disponible brut)” précise le rapport de l’OFCE.

Ces 850 euros sont bien entendus à prendre avec des pincettes. Ils concerneront principalement les classes moyennes et très peu les Français gagnants beaucoup d’argent ni ceux en gagnant très peu. De plus, certains ménages gagneront beaucoup plus et d’autres moins. Néanmoins, cette hausse du pouvoir d’achat sera la plus élevée depuis 2007, année marquée par la loi Tepa. Cette loi, voulue par l’ancien président Nicolas Sarkozy était en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat. Elle avait permis l’allègement des cotisations sociales sur les heures supplémentaires. Une mesure phare, qui avait aussi été prise par Emmanuel Macron en décembre dernier

Raison n°2: Faible inflation et hausse des salaires

On peut également expliquer cette hausse du pouvoir d’achat par l’activité économique actuelle. Elle devrait permettre aux salaires réels – c’est-à-dire après prise en compte de l’inflation – de grimper de 1,5 % en 2019, après une légère hausse de 0,3 % en moyenne durant la période 2017-2018. Cette hausse est liée à “la prime exceptionnelle défiscalisée pour les salariés”. Mais elle fut également possible grâce à la faible inflation que la France a connue cette année. Elle a été possible grâce à plusieurs choses: “Sous l’effet de la baisse des prix du pétrole de près de 10$ en moyenne entre 2018 et 2019 et de l’annulation de la hausse de la taxe carbone, la croissance de l’indice des prix à la consommation (IPC) passerait de 1,9 % en 2018 à 1,3 % en 2019 et le déflateur des prix à la consommation de 1,7 % à 1,1 %”. Enfin, le salaire moyen par tête (SMPT) augmenterait de 2,6 % en 2019 contre 2 % en 2018.

Raison n°3: Epargne en hausse

Parallèlement, la révolte des gilets jaunes qui gronde depuis novembre dernier n’a globalement pas incité les Français à consommer: “le mouvement des gilets jaune est la principale source d’explication à la stagnation de la consommation au quatrième trimestre 2018, […] ce qui a généré une épargne de précaution de la part des ménages.”

Les Français ont donc épargné davantage afin de combler le fait de ne pas pouvoir dépenser sereinement. “Le taux d’épargne s’établirait à 15,1 % en 2019, soit 0,9 point de plus que la moyenne 2013-2018”.

Ce qui donne aussi aux ménages la possibilité de consommer en 2019. « La consommation va donc remonter, mais avec un certain retard, en raison de son inertie », estime Mathieu Plane, économiste à l’OFCE.

taux d'épargne en hausse
Source: OFCE

Une tendance inédite

Le rapport de l’OFCE est très clair sur un point inédit jusque ici: “la déconnexion entre le climat de confiance des ménages qui s’est fortement dégradé en novembre-décembre 2018 et la hausse du pouvoir d’achat au quatrième trimestre est sur ce point historique”.

Le rapport fait également état d’un changement de situation passé 2019, vers un comportement dit plus normal. “Un retour plus rapide à des comportements conformes à ceux de long terme conduirait à une baisse plus marquée du taux d’épargne dès 2019 et une plus forte hausse de la consommation”.

Enfin, selon les Echos, l’inquiétude de l’importation de masse est évincé par les économistes de l’OFCE. Certes, pour 100 euros de dépenses, les ménages consomment 31,70 euros en produits importés. Mais, étant donné le taux d’épargne qui sera appliqué sur le regain de pouvoir d’achat, ils estiment à seulement un quart la part qui sera dépensée en produits fabriqués à l’étranger. Ainsi “La hausse des importations ne représenterait que 0,1 % du PIB cette année”.

Raison n°4: Coup de frein sur la demande étrangère

La croissance des exportations françaises continuerait de ralentir en 2019. Malgré les tensions commerciales internationales (notamment provoquées par le Brexit), la relance budgétaire conduirait à soutenir la consommation domestique mais aussi les importations: “Au final, soutenu par une demande intérieure en accélération, le PIB augmenterait en moyenne de 1,5% en 2019 malgré une contribution négative du commerce extérieur.”

Si la demande intérieure fonctionne plutôt bien, la demande étrangère, elle, ne tient qu’à un fil: “La croissance, en glissement, des exportations de la France a ralenti, passant de 6,1 % fin 2017 à 2,5% fin 2018”.

Les temps forts de la conférence de presse d’Emmanuel Macron

conférence de presse d'emmanuel macron

A-t-il réussi son pari ? Emmanuel Macron avait tenu à faire cette conférence de presse, la première de son mandat, afin de s’adresser directement aux Français et de répondre aux questions des journalistes. Après trois mois de débat national, un mouvement gilets jaunes houleux et une tension sociale qui ne cesse de grandir, que propose le président de la république? Fiscalité, retraite, Europe et écologie, les grands thèmes qui sont au coeur du débat national ont été abordé et questionné. Malgré quelques propositions nouvelles, Emmanuel Macron est resté sur ses positions, convaincu que les “résultats commencent à être là”. Voici les temps forts de cette conférence de presse.

18h: “L’ordre public doit revenir”

Emmanuel Macron a tout naturellement souhaité démarrer cette conférence de presse en abordant les gilets jaunes. Tout est parti de là, il paraissait donc logique d’aborder les forts ressentiments qui animent la population française et qui ont mené à de grandes violences dans tout le pays. Il évoque “un mouvement inédit qui dit sa colère, son inquiétude, son impatience”. Il salue “les justes revendications à l’origine du mouvement” mais insiste : “Aujourd’hui l’ordre public doit revenir”.

Le président s’en est tenu à des propos très mesurés sur le sujet, pas de petites phrases assassines, qui auraient pu être mal interprétées. Le chef de l’état s’est souvent fait connaître par ses mots déplacés que beaucoup voyaient comme prétentieux ou moqueurs (“première de cordée” par exemple). Pas de ça ici, il s’est contenté de revenir sur le grand débat en évoquant son efficacité:  « [il] a permis à plusieurs millions de concitoyens de participer, je dois dire ma grande fierté ».

“Nous sommes les enfants des Lumières”

Le président a tenu à revenir sur les manifestations des gilets jaunes sous un autre angle. Il n’a pas voulu entrer dans un quelconque conflit avec les Français qui descendent dans la rue depuis déjà 24 samedis. Il a tout même rappelé qu’il ne cautionnait nullement les violences envers les institutions, les forces de l’ordre et les journalistes (en s’adressant cette fois-ci, directement, aux personnes présentes dans la salle des fêtes de l’Elysée).

Pourtant, il a souhaité rappeler que “c’est dans l’écoute qu’on bâtit” et que “nous sommes les enfants des Lumières”.

Maintenir le cap

Globalement le président a souhaité maintenir le cap entrepris par le gouvernement depuis 2017. Une décision qui ne ravira pas tout le monde. Emmanuel Macron s’est engagé à poursuivre ses réformes et à ne rien lâcher. Il a d’ailleurs posé la question, rhétorique certes, mais elle avait le mérite d’être entendue : “Faut-il arrêter tout ce qui a été lancé depuis deux ans ? Je crois que c’est tout le contraire”. Il insiste même sur les bénéfices qu’apporterait une persévérance dans ce sens: “Les fondamentaux des deux premières années doivent se poursuivre et s’intensifier […] Les résultats commencent à être là”.

Le tout en insistant sur le fait que “les orientations prises ont été les bonnes” et qu’elles sont “indispensables pour financer la solidarité”.

18h10: Les inquiétudes des Français

Emmanuel Macron a longuement insisté sur le fait qu’il entendait la souffrance de Français, qu’il avait entendu leur colère et leurs inquiétudes. Il les a donc défini en cinq points:

  • L’injustice
  • Le manque de considération
  • Un sentiment d’abandon: il a souhaité donner des cas concrets comme les familles monoparentales qui se sentent délaissés, pour qui rien n’est fait. Il a d’ailleurs reconnu qu’il y a “très peu de politiques publiques” pour ces personnes. Il a même évoqué que “des plis de la société se sont formés […] des angles morts”.
  • La peur des grands changements

18h20: “L’art d’être français”

Après cette longue introduction, le président a abordé ses propositions, elles commençaient à se faire languir. Il les a amené en rappelant l’importance de “l’art d’être Français”, notre faculté à débattre et à avancer. Emmanuel Macron a même insisté sur ce point en précisant que “notre projet national doit être plus humain pour rassembler”. Il a donné clairement la direction qu’il souhaite prendre pour cette seconde partie de son mandat: « Ce nouveau temps de cette mandature je veux lui assigner un objectif simple : l’espérance de progrès et demander le meilleur de lui-même à chacun pour reconstruire l’art d’être Français. »

Il a ensuite divisé son discours en 4 parties, les “quatre orientations” majeurs qu’il souhaite donner à son mandat.

18h30: Première orientation : Changer “en profondeur” notre administration et notre organisation

Il a annoncé qu’il souhaitait que les Français soient mieux représentés par le biais d’élus mieux considérés. Le chef de l’état a principalement insisté sur les maires en évoquant son souhait de renforcer leur rôle. Il a voulu clarifier les mesures sur ce sujet en balayant d’un revers de la main les rumeurs qui ont couru depuis lundi dernier.  

Il annonce qu’il ne mettra pas en place ni le “RIC” ni la reconnaissance du vote blanc, deux réclamations portées par les gilets jaunes. “Blanc ça ne décide pas, c’est l’agrégation du rejet. […] Blanc ne résoudra aucun problème”, dit-il. Il ne retient pas non plus le vote obligatoire. “On ne répond pas à la crise démocratique par la contrainte. On y répond en redonnant du sel à la vie démocratique”, justifie-t-il.

En revanche, il annonce vouloir faciliter la mise en oeuvre d’une forme de référendum à l’initiative du peuple et abaisser à 1 million de signatures le seuil pour un référendum d’initiative partagée.

Une proximité absente

Puis, il a abordé la proximité, qui n’est pas assez présente entre les Français et leur administration. C’est pourquoi il propose un projet de décentralisation d’ici au premier trimestre 2020. Notamment avec un transfert de compétences, de Paris à la province. en évoquant le fait qu’il y a “trop de monde à Paris”.  Cette nouvelle décentralisation doit être « adaptée à chaque territoire » et porter « sur la politique de la vie quotidienne » comme « le logement, le transport, la transition écologique pour garantir des décisions prises au plus près du terrain », poursuit-il.

Il souhaite lancer un nouveau pacte territorial avec une présence publique plus importante, des soins pour tous et plus de nouvelles fermetures d’hôpitaux sans l’accord des maires.

Il a ensuite déclaré qu’il souhaitait “s’inspirer du Canada” en créant, d’ici la fin de son quinquennat, des espaces d’accueil, des “endroit où l’on puisse trouver une solution aux problèmes” baptisés “France service”. Pour le président “ la simplicité c’est la vraie sécurité”.

« Il faut repenser la formation » de la haute fonction publique, annonce le président qui dit souhaiter que « nous mettions fin aux grands corps ».

18 h 45 : Deuxième orientation: « Remettre l’humain et la justice au centre de notre projet »

Pour sa deuxième orientation, Emmanuel Macron a voulu revenir sur l’une des principales craintes des Français: l’injustice. Pour le président, la vraie injustice n’est pas fiscale comme  tout le monde aimerait le croire. « Lutter contre les vraies inégalités, qui sont celles d’origine, de destin ». « Les inégalités à la naissance qui ne se sont pas améliorées », rappelle-t-il.

L’ISF ne se dégociera pas

Il n’a cependant pas bougé d’un iota concernant l’impôt sur la fortune. Il a même voulu rappeler pourquoi il avait pris cette décision et pourquoi il ne changera pas d’avis. Le tout en rappelant que l’ISF “c’est une réforme pour produire et pas un cadeau aux plus riches”. Il a néanmoins fixé un rendez-vous pour 2020 afin d’évaluer son efficacité et la corriger en cas de problèmes.

Deuxième proposition, la petite enfance. Il souhaite aider la petite enfance, car c’est une période cruciale pour un être humain:

  • des classes qui ne dépassent pas 24 élèves de la grande section de maternelle au CE1.
  • Mieux former les instituteurs

Il poursuit en précisant qu’il veut “des baisses pour ceux qui travaillent en réduisant significativement l’impôt sur le revenu”, sans plus de précision. Il explique toutefois qu’il n’y aura “pas de hausse d’impôts” et que des niches fiscales seront visées par le gouvernement.

Emmanuel Macron confirme la réindexation des retraites de moins de 2.000 euros sur l’inflation.

Emmanuel Macron souhaite que les caisses d’allocations familiales (CAF) aient la “prérogative pour prélever les pensions alimentaires familiales” et ainsi aider les familles monoparentales. “Ces fameuses familles monoparentales sont souvent ces mères vivant seules”, souligne-t-il, estimant qu’“on ne peut pas punir des mères de l’incivisme de leurs anciens conjoints”.

18 h 50 : Troisième orientation: « Remettre le climat au cœur de notre projet national »

Pour sa troisième orientation, Emmanuel Macron a voulu mettre l’accent sur l’écologie et sur notre engagement en tant que nation. “On a beaucoup de solutions mais trop complexes et peu utilisées”, dit-il citant notamment les aides pour changer de chaudière ou de voiture. Il annonce vouloir la création d’une “convention citoyenne de 250 personnes tirées au sort, qui aura pour mission de travailler sur ce sujet, définir d’autres mesures incitatives ou contraignantes et proposer des financements pour ce faire”. Le président a même donné une date pour ce projet ambitieux: 2025 “pour donner de la clarté sur toutes nos actions”.

Il veut aussi une taxe carbone aux frontières et une “finance verte plus ambitieuse”. Il souhaite également “présider de manière régulière un Conseil de défense écologique”.

Le président a voulu donner aux Français un “agenda des transitions” clair. Selon lui, “les Français en ont besoin”. Il a également souhaité “se donner des objectifs clairs et communs” afin d’apporter des solutions concrètes d’ici 2025.

19h : Quatrième orientation : « Raviver l’engagement »

“Nous sommes une nation de citoyens, ça veut dire un engagement dans la société”, déclare le chef de l’Etat, qui dit “croire en notre tissu associatif”. Il estime que le gouvernement doit proposer “une politique plus ambitieuse avec nos associations”.

Emmanuel Macron évoque aussi l’immigration. “Nous devons refonder notre politique migratoire […] avec une Europe qui tient ses frontières”, dit-il. Le président a alors comparé la France à une maison, pour qu’elle existe il faut qu’elle ai des cloisons, des murs, sinon ça ne tient pas. « Pour être ouvert il faut des limites. Pour accueillir il faut avoir une maison donc il faut des frontières. Il faut qu’elles soient respecter, il faut des règles » dit-il.

Il souligne même qu’il faut « Repenser Schengen » avec pourquoi pas un espace plus restreint. Sur ce même sujet il a également tenu a rappeler que l’asile est dans notre constitution et que c’est un devoir Français.

« Rebâtir une nation de citoyens Français libre dans une Europe forte” souligne-t-il.

Il a aussi des mots pour défendre la laïcité et la loi de 1905. Il a souhaité souligner que lorsqu’on parle de problèmes de laïcité on parle réellement de communautarisme et parfois d’une “islam politique [qui] veut faire sécession de la République”. Emmanuel Macron demande au gouvernement d’être “intraitable” face à cela.

conférence de presse du président
© Jacques Witt/ SIPA

Questions/réponses

Une fois l’allocution du président terminée, le temps des questions/réponses a pu commencer. Nous avons sélectionné quatre des questions posées jeudi 25 janvier 2019.

Question : Quelles sont les raisons profondes de ce rendez-vous, que représente ce moment dans votre mandat, […] avez-vous des regrets ? Peut-on parler d’une rupture […] d’un nouveau départ ? 

“La question est vaste. Je ne suis pas sûr de parler d’acte. Cette terminologie a pris une autre définition, notamment les samedis. Je ne sais pas si on peut parler de nouveau départ, car c’est souvent ce qu’on dit dans une relation amoureuse quand on a peu d’espoir que ça reparte vraiment. On peut toujours mieux faire. Je peux mieux faire aussi. Je pense que beaucoup de choses ont été faites.

Quand je regarde ce que le gouvernement a fait depuis deux ans, sous l’autorité d’Edouard Philippe, j’ai peu de comparaisons. On a fait beaucoup de choses qui ne se voit pas tout de suite, ce qui est assez ingrat. Parfois on a fait les choses trop lentement. Je pense aussi qu’on a pas assez mis l’humain au cœur du projet. C’est-à-dire la faculté à expliquer et impliquer les citoyens dans ce qu’on faisait. l’impatience, l’exigence que j’ai avec moi-même et avec les membres du gouvernement, je l’ai aussi eu avec les Français. 

Le sentiment que j’ai pu donner c’est une forme parfois d’injonction, d’être dur voire injuste. Et ça je le regrette parce que je pense que ça n’a pas aidé la cause. C’est aussi pour ça qu j’ai voulu ce grand débat car je pense que le pays avait besoin de ce temps de discussion démocratique. 

« Ce grand débat m’a transformé »

Je pense que j’ai touché beaucoup plus clairement l’épaisseur des vies. J’ai compris mes concitoyens. Nous sommes un pays qui attend énormément du chef de l’Etat, parfois trop. Parfois je n’avais pas conscience de cette attente et cette attente à justifier une certaine colère. Quand vous êtes le chef de l’Etat vous êtes le point de mire et en même temps la clef de voûte, mais ce n’est pas grave.

Ce que je veux aussi faire durant ce moment, c’est faire entendre aux Français que j’ai entendu, compris, sentit dans ma chair ce qu’ils vivent. Je veux qu’on y apporte une réponse. Ce qui est très ingrat quand on dirige le pays, c’est qu’il faut faire face à la déception. […] Au fond ce moment m’a convaincu d’une chose, c’est que je n’aurai pas de répit, je n’en attendais pas, il y a beaucoup d’attente.

Cette conférence de presse me permet à travers vous (les journalistes) de pouvoir l’expliquer aux Français. Quand on n’explique pas suffisamment, quand on ne convainc pas, quand on n’associe pas suffisamment les élus sur le terrains on n’arrive pas à entraîner tout le pays. Même si ce sont les bonnes solutions on aura toujours le sentiment de les avoir imposé. Ce nouvel acte est un changement de méthode très profond que j’assume, mais ce n’est en aucun cas un recul en termes d’ambition et de transformation de notre pays. C’est une refondation très profonde de la philosophie profonde en laquelle je crois:  plus humaniste, plus humaine, sans rien changer au cap.

Question : Pouvez-vous donner quelques précisions sur l’impôt sur le revenu ? Pourriez-vous en dire plus sur les niches fiscales, et le temps de travail ?

C’est au gouvernement de définir les chiffres. Il me semble que si on arrive à baisser en plus de ce qui a été fait l’impôt sur le revenu de 5 milliards, ça sera un geste significatif. Cela viendra compléter les baisses d’impôts déjà actées et financées dans une trajectoire bien établie.

Sur les niches fiscales 

Les niches fiscales, je souhaite que cela soit celles des entreprises qui soient visées. il faudra faire des choix et des propositions pour déterminer les montant.

Sur le temps de travail 

Je l’ai dit nous devons travailler davantage. Quand je nous regarde et nous compare à nos voisins de l’OCDE, on travaille moins dans la vie tout entière et moins rapporté à l’année. Le différentiel de création de richesse est lié à ce travail en moins, si l’on se compare aux Allemands et aux Américains. Doit-on travailler plus dans la semaine ? Les 35 heures sont une référence et doivent être renvoyées au dialogue social. Pour travailler davantage nous avons déjà défiscalisé les heures supplémentaires.

Je ne suis pas favorable au fait de revenir sur les jours fériés. Je ne crois pas que ça soit le plus efficace. Il y a la question du travail toute la vie. On doit travailler plus longtemps car on vit plus longtemps. Quand je regarde notre pays par rapport à 40 ans l’espérance de vie n’a cessé d’augmenter et l’âge d’entrée au travail n’a cessé de reculer. Il y a plusieurs façons de faire, faut-il reculer l’âge légal, je ne crois pas pour deux raisons. La première est un peu directe, c’est que je me suis engagé à pas le faire. La deuxième c’est qu’on n’a pas réduit le chômage dans notre pays.

Il faut envisager un système pour allonger la durée effective de cotisation sans toucher l’âge légal de la retraite.

Sur la retraite, le président souhaite que le minimum contributif de la retraite soit fixé à 1000 euros.

Question : Vous aviez dit en 2017 que vous aviez sentit la colère, dans un pays qui n’était pas stabilisé. N’avez-vous pas été sourd et aveugle pendant deux ans à la colère ? Pensez-vous avoir pêché ? Si oui, par naïveté, par arrogance, par inexpérience ? Quel est le message vous envoyé aux Français ce soir? Serez-vous candidat en 2022 ?

Sur le premier sujet, j’ai beaucoup de défauts et on peut faire mieux, je ne crois pas avoir été sourd. Nous sommes un pays où les désaccords s’expriment toujours, les protestations sont toujours là et où l’unanimité accompagne rarement les transformations. J’assume ne pas avoir cédé durant les deux premières années sur le cœur du projet que nous portons. Je crois que la colère n’est pas le fruit des réformes, je pense qu’elle est le fruit d’une méthode qui n’était pas la bonne, d’un manque d’humanité et j’en prends ma part de responsabilité, mais aussi d’échecs enfouis depuis très longtemps et d’hypocrisie. On a laissé notre pays depuis des décennies avec les structures et les habitudes de la Seconde Guerre mondiale. Alors que le monde a changé la famille avait profondément changé. On disait toujours vous allez changer, vous allez vous adapter.

Lever l’hypocrisie

Je pense qu’on a levé une hypocrisie. Je l’assume. En la levant, je n’ai pas apporté une réponse immédiate. […] L’ampleur de la transformation qui est à faire: rebâtir un contrat avec la nation, nous l’avons commencé. L’éducation, la santé, le travail, le mérite, tout cela nous le faisons en temps de paix et avec des intérêts acquis. Dans nos démocraties ça n’a jamais fait, c’est inédit. Nous l’avons déjà fait au sortir de guerres et d’épidémies.

La colère qui s’exprime sincèrement, je la comprends et j’en prends ma part et pas plus. Je ne veux pas qu’on m’en mette plus. Je pense que la réponse ne serait pas de revenir à l’hypocrisie. Notre peuple est un peuple historique et politique, il veut des réponses profondes et il a une impatience à laquelle nous devons répondre et à laquelle nous devons être à la hauteur. Et cela ça sera ma tâche.

Sur les journalistes

Et puis, il y a cette considération pour chacun qu’il faut apporter et ça je ne l’ai pas fait suffisamment. Après vous ne m’avez pas toujours aidé. […] Quand vous dites que j’ai dit aux Français que c’était des fainéants. S’ils retiennent ça ce soir… c’est exactement le contraire de ce que j’ai dit et c’est bien souvent aussi ce que j’ai vécu. Quand je parlais de fainéants, je parlais des dirigeants, je n’ai jamais traité les Français de fainéants, je ne le crois pas. 

Sur le travail 

La première chose qui fait qu’on travaillera plus sera qu’on arrive à gagner la bataille contre le chômage de masse. C’est une fatalité à laquelle je ne veux pas me résoudre. Nous avons des jeunes qui arrivent sur le marché du travail où leurs parents n’ont jamais travaillé.

Je ne veux pas qu’on cède à la caricature et je pense que c’est à nous de porter ces réformes mais je reste fidèle à l’engagement pris du travailler mieux et de redonner des choix à chacun. Travaille mieux, gagner mieux et surtout quand on travaille davantage. Je crois que c’est cohérent.

Second mandat 

J’assume d’avoir un agenda qui dépasse l’horizon de ce mandat […] Cette question est connue mais elle est légitime. Si c’était mon obsession, je chercherais à avoir une stratégie pour améliorer mon chiffre. […] Au moment où je vous parle je pense que ça serait le meilleur moyen d’échouer. Je pense que ça serait indécent de parler de ça. La question aujourd’hui c’est de savoir comment on réussit. Je me fiche de la prochaine élection, je veux réussir furieusement, passionnément ce mandat. Pour le réussir, je dois assumer d’autres décisions impopulaires et difficiles. Pour le réussir, je devrais prendre des risques, et je veux pouvoir les prendre. Parce que je veux que notre pays réussisse, parce qu’il le mérite, parce que je l’aime plus que tout. Et parce que je veux faire tout cela, ce n’est pas aujourd’hui mon sujet.

Question : Depuis cinq mois, les « gilets jaunes » vous reprochent vos propos arrogants. Vous répétez prendre votre part, quelle est-elle ? Pouvez-vous changer ? Regrettez-vous d’avoir recruté Alexandre Benalla ?

J’en ai déjà parlé. Il y a des phrases que je regrette. Elles se sont agrégées, ça n’aide ni mon action ni celle du gouvernement. J’ai toujours la même prudence avec les gilets jaunes. Je respecte les gilets jaunes qui sont sortis au début de la crise. Je ne cède rien à ceux qui détruisent l’institution. Il faut avoir de la lucidité. Est-ce qu’on change ? L’avenir le dira. Je crois que j’ai compris beaucoup de choses de la vie du pays.

Sur Alexandre Benalla

C’est trop facile de regretter. Est-ce que je pense au moment ou j’étais élu, connaissant ce jeune garçon qui avait du talent, son histoire. Est-ce que je regrette de l’avoir embauché ? Non. C’était cohérent avec les valeurs que je porte. C’est pour ça que je lui en veux encore plus. Il a fait des fautes très graves. Il a le droit à la présomption d’innocence. Quoique n’ayant jamais été protégé par l’Elysée, il n’a pas donné une bonne image. Il n’a pas été protégé face à la justice et les médias. Je ne regrette pas les choix faits à d’autres moments. Quand vous employez quelqu’un il y a une part de risque. On en a beaucoup fait sur cette affaire. Peut-être trop.

Question : Est-ce que vous considérez que l’on peut encore vivre dignement de son salaire en France ?

Il y a plusieurs manières d’augmenter les salaires, notamment les petits salaires. On peut les augmenter, mais j’ai exclu cette solution parce que c’est contraire au maintien de la compétitivité. Et il y a d’autres solutions : sur les petits salaires, on a mis en place la prime d’activité. […] Si je faisais le choix aujourd’hui d’augmenter les bas salaires, je détruirais de l’emploi. En revanche, dans les entreprises il y a des solutions pour mieux partager les richesses, notamment le dialogue social. Et puis le problème du pouvoir d’achat en France, ce n’est pas un problème des salaires, mais un problème des dépenses contraintes : le logement, l’énergie, les transports, les frais bancaires. C’est pour ça que nous travaillons à la baisse de ces dépenses.

Emmanuel Macron a conclu cette toute première conférence de presse en revenant sur l’incendie de Notre-Dame: « Ce qui s’est passé la semaine dernière, et ce que notre pays a vécu, dit quelque chose de la capacité de notre pays à se mobiliser et à vouloir rebâtir. C’est la part de vérité de cet art d’être français. »

Objectif: 32 milliards d’euros de baisses d’impôts pour le quinquennat

A quelques heures de l’allocution d’Emmanuel Macron, le gouvernement a déjà programmé 32 milliards d’euros de baisses d’impôts. Le député (LREM) et rapporteur général de la commission des Finances, Joël Giraud, estime que les ménages en seront les premiers bénéficiaires avec 11 milliards d’euros de baisse.

L’allocution tant attendu du président n’est plus qu’une question d’heures. Emmanuel Macron doit dévoiler, ce jeudi 25 avril, d’importantes mesures fiscals dont de nouvelles baisses de l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes (création probable de nouvelles tranches d’impôt). Face aux fortes inquiétudes provoqués par le grand débat et par les annonces anti-taxes de son premier ministre, le gouvernement s’active pour défendre sa vision.

Dans le rapport du député En Marche et publié récemment par Bercy, on peut constater cette baisse d’impôt : « La baisse des prélèvements obligatoires s’élèverait au total à au moins 32 milliards d’euros sur le quinquennat, dont environ la moitié est d’ores et déjà intervenue ».

Le rapport de Joël Giraud apporte également quelques précisions sur le chemin que le gouvernement empruntera pour les prochaines années. Fiscalité, dépense publique, gestion des finances de l’État: des thèmes forts et attendus qui sont globalement très positifs.

Ecart avec Bercy

Le rapporteur général du Budget constate tout de même que la pression fiscale a largement baissé depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron:  16,2 milliards entre 2018 et 2019, 11 milliards pour les ménages et 5,2 milliards pour les entreprises.

Cependant, ces chiffres ne sont pas les mêmes que ceux mis en avant par Bercy il y a deux semaines: -14 milliards pour les ménages. On peut l’expliquer par la différences de périmètre et de calendrier.

Mais globalement, à part quelques petites différences, les gains constatés pour les français sont les mêmes:

  • 7 milliards d’euros au titre de la suppression en cours de la taxe d’habitation pour 80 % des Français
  • près de 5 milliards pour les réformes de la fiscalité du capital (ISF et « flat tax »).
  • 3 milliards d’euros s’ajoute au pouvoir d’achat des Français grâce à la défiscalisation et l’exonération de charges sociales des heures supplémentaires

Gardons tout de même à l’esprit que tout cela est en partie effacé par la hausse de la fiscalité du tabac et de la taxe carbone en 2018.

Malgré tout, Joël Giraud, ne peut s’empêcher d’être positif face au “rétablissement rapide” des comptes publics français. Avec un déficit et une dette en baisse, respectivement à 2,5% et 98,4% du PIB en 2018. Rappelons que les objectifs de ce quinquennat étaient de faire tomber le déficit public à 1.2% du PIB et la dette à 96.8% du PIB. Au vu des récents chiffres exposés par le député, Joël Giraud  ne peut faire autrement que d’apporter son soutien «sans réserve» à ces prévisions.

baisse du déficit public français
Source: le Figaro

Les ménages, premiers bénéficiaires des baisses de prélèvements

La clé de voûte de ce rapport est la manière dont l’action gouvernementale a rendu du pouvoir d’achat aux Français. Ne prenant nullement en compte ce que le président va annoncer ce jeudi à 18h, Joël Giraud en est persuadé, les Français ont vu leur portefeuille grossir depuis que Emmanuel Macron est en poste.

D’après les calculs du rapporteur, en effet, les prélèvements obligatoires ont déjà baissé d’un peu plus de 16 milliards d’euros entre 2017 et 2019, dont 11 milliards sont allés dans la poche des ménages.

Quant à la suite du quinquennat, il rappelle que « pour tenir l’objectif d’une baisse de 1,4 point d’ici à 2022, les prélèvements obligatoires doivent encore baisser de plus de 16 milliards d’euros d’ici à 2022. Comment faire? Pour les ménages, le pivot de cette baisse sera la suppression de la taxe d’habitation. Rappelons qu’elle sera totale pour 80% des Français dès 2020 et qu’elle équivaudra à une baisse de 3 milliards d’euros. De l’autre côté lorsque sa suppression sera active pour les 20% restants, elle laissera une belle facture de 10 milliards d’euros aux finances publiques.

11 milliards d'euros de baisses d'impôts pour les ménages

Transformation du CICE

Du côté des entreprises, les gains sur les deux premières années de 2 milliards d’euros proviennent de la première étape de baisse de l’impôt sur les sociétés (IS). Elles pourraient même en espérer 9 milliards d’ici la fin du quinquennat. La “montée en charge” du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) avant sa transformation en baisse de charges pérenne (4 milliards) participera aussi à la réduction de la pression fiscale sur les entreprises. Joël Giraud rappelle aussi la suppression de la taxe 3 % sur les dividendes (-1,7 milliard) imposée par la justice au gouvernement.

Musique, Maestro : les réductions d’impôt pour les professionnel(le)s du 4e art

musiciens réduction d'impôt

Vous jouez d’un instrument ou vous donnez des cours dans le cadre de votre activité professionnelle ? Si, à ce titre, vous supportez d’importants frais pour l’entretien et l’amortissement de vos instruments, vous pouvez les déduire de votre déclaration de revenus sous le régime des frais réels. Ce faisant, vous bénéficiez de la réduction d’impôt accordée aux musiciens et professeurs de musique.

Déclaration de revenus 2019 :  jusqu’à 19% de réduction pour les musiciens

L’ouverture de la saison fiscale 2019 a sonné. Depuis le 10 avril, les formulaires de déclaration au titre des revenus perçus en 2018 sont disponibles en ligne. Pour les indépendants, auto-entrepreneurs, professions libérales et autres freelances, des abattements et réductions spécifiques sont prévus par l’administration fiscale. Les professionnels du 4e art sont concernés, au même titre que les autres.

De l’art de déclarer ses frais réels

D’un point de vue fiscal, les cachets des artistes musiciens sont des salaires et seront déclarés en TS. À ce titre, ils bénéficient de l’abattement forfaitaire de 10% pour frais professionnels (déduit sur le net imposable). Comme tout salarié, l’artiste musicien peut opter pour les frais réels.

Cependant, du fait des dépenses spécifiques liées à leur activité, les professionnels de l’art bénéficient d’une évaluation forfaitaire :

  • une déduction de 14 % couvrant l’amortissement des instruments de musique et les frais accessoires ;
  • une déduction spécifique de 5 % couvrant les frais de représentation.

Par « frais de représentation », on entend :

  • les dépenses relatives à la tenue (achat de costumes, de chaussures, pressing, coiffure, etc.)
  • les factures de téléphone ( à caractère professionnel)
  • et le matériel (pupitre, métronome, partitions, etc.)

Comment calculer ces réductions ?

Comme toutes les réductions forfaitaires relatives à la pratique d’une activité, elles s’appliquent sur le montant total de la rémunération nette annuelle déclarée en qualité d’artiste à l’impôt sur le revenu. Mais ce n’est pas tout, vous pouvez en bénéficiez en tant que professeur exerçant dans les conservatoires ou écoles de musique. Dans ce cas, un peu plus de précisions d’impose :

  • Vous êtes artiste musicien et donnez des cours à côté (pas de cours particuliers !), vous pouvez appliquer les déductions de 14% et 5% sur le montant total de votre rémunération nette annuelle (représentations et leçons)
  • Vous êtes professeur de musique et exercez en parallèle une activité de musicien : la déduction de  14% et 5% ne s’applique qu’aux revenus issus de cette seconde activité et non de l’enseignement.

Comment bénéficier de ces réductions ?

Au moment de remplir votre déclaration d’impôt, vous devez préciser que vous optez pour le régime des frais réels. Si vous déclarez en ligne, cliquez sur « options frais réels » :

Si vous faites partie des (rares) contribuables ayant encore le droit de déclarer sur papier, il suffit de joindre à votre déclaration de revenus ou d’envoyer à votre inspecteur des impôts un courrier mentionnant votre choix.

Game of Thrones : les 11 chiffres d’une série qui détrône toutes les autres

Game of thrones: la série la plus rentable au monde

Game of Thrones c’est la série culte de ces dix dernières années : dragons, magie, combats et intrigues à n’en plus finir, comment ne pas succomber. Une chose est sûre, chez TacoTax nous ne sommes pas les seuls à être des inconditionnels du Trône de fer. La preuve, selon l’AFP, le premier épisode de la saison 8 a battu tous les records. Une diffusion dans 186 pays avec 17,4 millions de téléspectateurs! Du jamais vu pour une série. Mais Game of Thrones ce n’est pas qu’une simple série, c’est un univers, une industrie, un business, une institution.

Le moins que l’on puisse dire c’est que winter is NOT coming sur les finances de GOT. La création de George R.R Martin persévérera longtemps après la fin du show emblématique. Que vous soyez House Targaryen, House Stark ou House Lannister, l’impatience se fait sentir. Que va-t’il se passer dans le prochain épisode?  Pour en savoir plus sur cet empire télévisuel qui a déferlé sur le monde à la manière des marcheurs blancs, c’est par ici. (Pas de spoils, promis)

Un milliard de revenus

Voici le chiffre d’affaires annuel de la série calculé par le New York Times. La chaîne payante américaine HBO, qui produit la saga, remplit ses caisses via ses abonnés et les droits de licence conclus avec des dizaines de chaînes sur tous les continents. La série n’est pas la seule responsable de ce chiffre astronomique. En effet, le business des produits dérivés est florissant : DVD, musiques, mugs, figurines, bijoux, maquillage, jeux, baskets, tee-shirts, bières et même des œufs de Pâques qui rappellent ceux des fameux dragons…  Bref, il y en a pour tous les goûts. Et si ce n’était pas assez HBO compte ouvrir des parcs d’attractions autour des décors de la série en Irlande du Nord.

85 millions de livres

C’est le nombre d’exemplaires vendus de la saga écrite par George R.R Martin. L’inventeur génial de ce monde fantastique, tient l’intrigue d’une main de fer. Surnommé le « Tolkien américain », l’écrivain de 70 ans vendait déjà de nombreux livres avant son adaptation, un cœur de fans fidèles qui a permit à la saga de se faire connaître. En 2012, il avait déjà vendu 15 millions de ses livres. Mais c’est bel et bien l’adaptation sur la chaîne HBO qui a donné ses lettres de noblesse à Game of Throne. Aujourd’hui les ventes de livres ont été multipliées par six et traduites en 47 langues, de quoi rendre l’auteur aussi fou que le Mad King. Et oui, car M. Martin est loin d’avoir terminé sa saga, il lui reste deux tomes à écrire afin d’achever son oeuvre. Pour la série, l’auteur a dû donner des indications aux scénaristes afin qu’ils puissent l’achever. Un succès planétaire qui lui met, selon lui, une « immense pression » sur les épaules. On veut bien le croire…

500 000 dollars par tête couronnée

Le cachet est salé et n’a fait qu’augmenter ces dernières années. Chaque acteur phare de la série aura empoché la coquette somme de 500 000 dollars pour l’ultime saison de Game of Thrones. Une belle promotion pour Jon Snow qui était payé 300 000 dollars pour le tournage des saisons 5 et 6. Pour les 7e et 8e éditions, il touchera ainsi au total 6,5 millions de dollars (qui a dit « ROYALties » ?).

Pas de discrimination non plus, les hommes et les femmes sont payés de manière équivalente. Pas de jaloux, la mère des dragons sera également rémunérée 500 000 dollars par épisode, c’est le minimum que HBO pouvait faire pour celle qui sauvera probablement le monde.  « Je suis payée exactement comme les garçons, on s’en est assurés », a déclaré l’actrice Émilia Clarke à Vanity Fair.

90 millions, qui dit mieux ?

La superproduction HBO n’a pas lésiné sur les moyens. Les premiers épisodes à 5 millions de dollars semblent bien ridicules aujourd’hui. La mise avait déjà doublé pour les saisons 6 et 7, mais pour l’ultime saison, les producteurs ont mis le paquet. Un succès grandissant, des effets spéciaux spectaculaires et des acteurs aussi influents que la main du roi. C’est la recette d’un épisode onéreux. Cette année, la production n’a pas vu à la dépense : 15 millions investis par tournage, de quoi élever un vrai dragon pendant 2 ans. Game of Thrones détient désormais le titre de la saga la plus chère jamais produite… Mais la saison la plus chère est sans conteste la 7e, avec un budget total de 100 millions de dollars.

100 % de touristes en plus

Ce sont les habitants qui vont être contents. Game of Thrones ne se vit pas que dans son salon mais se visite en pèlerinage. Les sites historiques qui ont servi de décor à la production, sont un véritable succès. Les fans se rendent sur la terre foulée par leurs idoles, transformants de petits villages en lieux saints. De l’Irlande du Nord, à Dubrovnik en passant par l’Espagne, ils ont tous vu leur fréquentation augmenter d’au moins 100 %, selon des études locales. Voire même 300% en terre irlandaise et l’office du tourisme ont chiffré les retombées liées à la série à environ 30 millions de livres par an.

À Dubrovnik, dont les façades et les murailles ont inspiré Port-Real, la colère monte, les visiteurs sont si nombreux et présents que les habitants n’en peuvent tout simplement plus. L’invasion de fans a dû forcer les autorités à instaurer des quotas de visiteurs !

Les sites touristiques ont fait un bon de 100% en terme d'affluence

30 millions de fidèles

Aux États-Unis, la saison 7 a battu tous les records en réunissant plus de 10 millions de téléspectateurs devant leur écran. Mais si l’on tient compte de tous les visionnages directs et différés, le nombre de fans monte à 30 millions en moyenne par épisode… Un succès qui devrait se répéter pour la saison 8, sachant qu’elle sera diffusée dans 186 pays. Revers de la médaille, un piratage exceptionnel avec 1 milliard de vues illégales pour la saison 7. Un record qui devrait être battu pour l’ultime saison…

60 étales au marché du Trône de Fer

Comme nous le disions plus haut, Game of Thrones n’est pas connu que pour la série et ses acteurs mais aussi pour ses produits dérivés. Il existe environ une soixantaine de catégories de produits estampillés GOT. Des figurines Jon Snow, aux DVD en passant par des objets bien plus insolites et rares. Parmi lesquels des planches à découper, des méthodes pour apprendre le Dothraki, ou encore un cale-porte à l’effigie du personnage Hodor. Une marée d’objets qui déferlent dans le monde entier. Mais la franchise ne s’arrête pas aux objets…

De plus en plus d’enseignes ont arboré les couleurs de la série pour attirer touristes et clients:

  • Une boulangerie nommée “You know nothing John Dough” fait référence à une réplique culte de la série. Elle propose de nombreuses pâtisseries et douceurs à ses clients londoniens.
  • Un hôtel de glace éphémère, conçu par le groupe Lapland Hotels et qui s’inspire de la région la plus froide de la série. – 5 degrés et l’impression de dormir de l’autre côté du mur.
  • Les bars éphémères Game of Thrones qui proposent à travers le monde des expériences uniques. En juillet 2017, la première expérience du genre avait ouvert à Washington. Les clients pouvaient par exemple boire de l’hydromel sous l’arbre emblématique sacré de Winterfell, près d’un faux dragon crachant du feu.

Bref, le butin que rapporte chaque année la série ne s’arrêtera pas avec la 8ème saison.

Classement en pourcentage des produits dérivés les plus populaires sur le site Idealo.fr
Source: Le Figaro

67 épisodes et 6 à venir

C’est le nombre d’épisodes diffusés depuis la saison 1 en 2011. Elle devient la série la plus regardée sur HBO à partir de 2014, en surpassant Les Soprano (ce n’est pas une faible comparaison).

47 récompenses

C’est le nombre d’Emmy Awards récoltés par la série depuis sa création. 

20 mois : une attente interminable

L’attente fut insoutenable pour beaucoup d’entre nous. De nombreuses fois repoussée, la saison 8 est enfin dans nos salons ! 

Fun facts:

  • Plusieurs fins ont été tournées afin qu’il n’y ait aucune fuite possible.
  • L’actrice Sophie Turner (Sansa Stark) a même expliqué s’être rendue sur de faux lieux de tournage pour brouiller les pistes.
  • Des dispositifs antidrones ont été déployés durant le tournage.

Lorsqu’on arrive à ce niveau de popularité, les producteurs ont légèrement tendance à devenir paranoïaques et on les comprend.

La dernière page n’est pas encore écrite

This is it… pas vraiment. À voir les chiffres astronomiques cités plus haut on est en droit de se demander: pourquoi arrêter une série qui marche si bien ? Cela tombe bien HBO n’a nullement l’intention de lâcher la poule aux oeufs d’or.

Plusieurs projets sont en cours dont le tournage d’un prequel prévu pour cet été avec Naomi Watts en tête d’affiche, HBO ne se refuse décidément rien. La diffusion serait prévue pour 2020 ou 2021. L’intrigue devrait se situer des milliers d’années avant les événements de Game of Thrones. Si le succès est au rendez-vous un développement important n’est pas mis de côté.

De plus, quatre scripts seraient également dans les tiroirs avec d’autres personnages et des intrigues diverses et mystérieuses. Pour les nostalgiques précoces du monde fantastique de GOT ne perdez pas espoir, l’histoire n’est pas encore écrite. Quoi qu’il arrive à Westeros dans les prochaines années, les irréductibles fans de GOT, seront fidèles à eux-mêmes, on entendra toujours dire: “c’était tout de même mieux avant”.  

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Notre-Dame: un projet de loi va rehausser la défiscalisation des dons

après un violent incendie, la flèche de la cathédrale notre-dame et sa toiture se sont éffondrées

Depuis le terrible incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, les dons n’ont cessé d’affluer, les polémiques aussi. 1 milliard d’euros ont déjà été levés grâce à la contribution de grandes fortunes françaises. “Course à l’échalote” pour certains, générosité applaudie par d’autres. La défiscalisation des dons est au coeur du débat. Le Premier ministre a d’ailleurs annoncé ce mercredi matin un avantage fiscal majoré pour les particuliers qui feront un don pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

Notre-Dame: mobilisation ou “patrimoine washing”

Tous ont répondu à l’appel. L’aristocratie du luxe et des grandes fortunes françaises a eu la main leste en signant les promesses de dons. 200 millions d’euros pour le groupe LVMH et la famille Arnault, 100 millions d’euros pour la famille Pinault et Total, 200 millions pour les Bettencourt et l’Oréal, 20 millions pour les Decaux, 10 millions pour les Bouygues. Des chiffres à donner le tournis. Depuis lundi 15 janvier, c’est environ un milliard d’euros qui ont été récoltés en promesse de dons pour aider à la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris.  

Autant dire qu’une telle démonstration de générosité n’a pas plu à tout le monde. Manon Aubry par exemple a même parlé sur LCI de “grande opération de communication”, dénonçant « une espèce de course à l’échalote de l’entreprise qui donnerait le plus, tout en revendiquant l’exonération d’impôt ». Une position que beaucoup partagent et qui soulève néanmoins une question légitime: avec la défiscalisation n’est-ce pas l’état qui finira par sortir le portefeuille ?  

En 2018, la niche « mécénat » a coûté aux finances publiques près d’un milliard d’euros. La vague de dons entraînée par l’incendie de Notre-Dame pourrait bien augmenter cette somme de 50%.

D’autres s’émeuvent de ne pas voir l’état français se réapproprier son patrimoine. C’est notamment le cas de Didier Rykner, patron de La Tribune de l’art, qui sur Franceinfo a déclaré : « Emmanuel Macron n’a pas eu la bonne réaction en lançant une collecte nationale. La bonne réaction aurait été de dire que l’Etat reconstruira… Il faut que l’Etat prenne enfin en charge le patrimoine de ce pays ». Ou encore l’architecte François Fromonot qui s’insurgeait : “Il n’y a pas que la cathédrale à faire partie de nos biens communs. J’ai peur qu’à l’occasion de l’incendie de Notre-Dame, on fasse une sorte de « patrimoine washing ». Paris a beaucoup démoli, beaucoup donné à des acteurs privés sous le couvert de la folle promotion du tourisme, par exemple. Et notamment à messieurs Pinault et Arnault…”.

La défiscalisation des dons au coeur du débat

1 milliard d’euros de don en deux jours! La famille Pinault est même allée plus loin en renonçant à la défiscalisation à laquelle elle pouvait prétendre. Il n’est «pas question d’en faire porter la charge aux contribuables français» a confirmé dans un communiqué François-Henri Pinault, le président de la holding familiale. Le lendemain, Bernard Arnault a annoncé que la société LVMH ferait de même, pas de défiscalisation. Reste à savoir si les autres grandes entreprises feront de même. 

Qu’est-ce que la loi prévoit lorsqu’on fait des dons? En temps normal, la loi française permet aux individus faisant un don de « bénéficier d’une réduction d’impôt égale à 66% du total des versements » réalisés. Au vu des récents événements, Edouard Philippe a lancé un projet de loi qui  augmentera à 75% le montant des déductions fiscales, sous certaines conditions. Les dons doivent être faits par des particuliers pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris et ne pas dépasser les 1000 euros. Si le don est supérieur à cette somme la défiscalisation retombera à 66%.  

une nouvelle défiscalisation des dons pour reconstruire notre-damePour les entreprises, le dispositif classique sera utilisé. Elles « bénéficieront des réductions d’impôts, dite de mécénat, dans les conditions actuelles », a précisé le chef du gouvernement. Pour les entreprises, cette réduction d’impôt se maintiendra à 60 % , avec un plafond de 0,5 % du chiffre d’affaires. En cas de dépassement de ce seuil, elles peuvent échelonner cet avantage fiscal sur cinq ans.

 

Enfin, une déduction de 90% du montant est accordée pour les cas particuliers. Cela concernera l’achat de biens culturels définis comme des trésors nationaux ou présentant un «intérêt majeur pour le patrimoine national».

“Chaque euro versé pour la reconstruction de Notre-Dame”

Le projet de loi annoncé par Matignon sera présenté la semaine prochaine au Conseil des ministres. Il donnera un cadre légal à la souscription nationale et précisera les garanties de transparence et de bon encadrement de la gestion des dons. 

Quant aux dons ils seront recueillis par quatre organismes: la Fondation Notre Dame, la Fondation du Patrimoine, la Fondation de France et le Centre des musées nationaux. Gare aux fausses cagnottes en ligne qui commencent déjà à apparaître en masse sur internet!

Sur Twitter, Edouard Philippe a même  lancé mercredi matin le site internet www.gouvernement.fr/rebatirnotredame en appelant « à la générosité de tous« , il a d’ailleurs tenu à remercier les chefs d’état du monde entier et les millions de personnes qui ont adressé des messages de soutien et d’amitié à la France. Le chef du gouvernement a d’ailleurs précisé dans sur les réseaux sociaux que “chaque euro versé pour la reconstruction de Notre-Dame servira à cela et pas à autre chose”.

 

Un « concours international d’architecture »

“Faut-il reconstruire la flèche de Notre-Dame à l’identique ?” c’est la question qui se pose aujourd’hui. A cette question, le premier ministre répond en proposant un  concours international d’architectes. Il devra trancher entre deux solution « s’il faut la reconstruire dans les mêmes conditions, à l’identique » de celle imaginée par Eugène Viollet-le-Duc au XIXe siècle, “ou s’il faut se doter d’une nouvelle flèche adaptée aux techniques et enjeux de notre époque”. Ce chantier historique, le chef du gouvernement et le président de la république l’ont voulu ambitieux “Le président de la République a exprimé une ambition. Celle de reconstruire Notre-Dame de Paris en 5 ans. C’est évidemment un défi immense. Une responsabilité historique. Le chantier de notre génération pour les générations qui nous succèderont”.

Pour organiser et accompagner cette reconstruction, le gouvernement a nommé un “Monsieur reconstruction”: le général Jean-Louis Georgelin, ancien chef d’état-major des Armées. Et si nécessaire, le gouvernement créera un établissement public pour porter cette reconstruction.

Les mesures « fuitées » de Macron pour sortir du grand débat

Macron a reporté son allocutions mais ses mesures ont fuité

Les mesures prévues par Emmanuel Macron ne devaient être dévoilées que par le chef de l’État en personne. Mais l’incendie de Notre-Dame de Paris, lundi soir, est venu chambouler les prévisions. Même si l’Élysée a indiqué mardi qu’il  s’exprimerait « en temps voulu » , des informations “secrètes” ont rapidement fuité.

Un moment de recueillement avant la tempête

L’incendie de Notre Dame de Paris a bouleversé la France entière. Lundi 15 avril devait marquer l’acte II du quinquennat du président Macron. Un moment fort durant lequel le président allait nous présenter ses propositions “puissantes et concrètes  pour sortir du Grand débat qui nous a tenu en haleine durant des mois.

Comment passer à autre chose ? L’Élysée a fait le choix du retrait et du respect en marquant « un temps de recueillement » tout en refusant de valider les “fuites” sur la sortie du grand débat.

Si l’allocution présidentielle que tout le monde attendait lundi a été annulée, cela n’a pas empêché Emmanuel Macron de vouloir s’exprimer sur la tragédie qui a touché la France en plein cœur. En effet, mardi soir, le président s’est adressé à l’ensemble des citoyens français en leur promettant qu’une mobilisation générale serait engagée afin de reconstruire la cathédrale.

Qu’en est-il de la véritable allocution ? L’AFP s’est procuré une copie du texte de l’allocution enregistrée lundi soir, on y lit que le chef de l’État assure vouloir rebâtir le projet de notre nation”. Il précise également que les solutions ne résident pas dans « l’addition de recettes miracles”. Cela fait notamment échos à une précédente déclaration qu’Emmanuel Macron avait faite à la fin du grand débat: il ne pourrait satisfaire « 66 millions de demandes individuelles”. À la lecture de ce discours on comprend vite que le président a « entendu” les colères sur l’injustice sociale, l’injustice territoriale, l’injustice fiscale”. « Il fallait à un moment qu’il fasse son ‘Je vous ai compris’”, souligne un parlementaire de la majorité.

“Fixer pour le pays un cap à 2025”

Changement de cap

Le président affirme que malgré un changement de méthodes et de gouvernance, il va continuer d’avancer dans la même ligne politique. Il va donc poursuivre les “réformes commencées” et souhaite même « fixer pour le pays un cap à 2025”. Les prochaines années s’annoncent chargées.

Pourquoi un tel changement de cap ? Au vu du mouvement des gilets jaunes, celui qui devait représenter une solution nouvelle, loin des camps politiques établis, a bien dû se rendre à l’évidence. Il a « échoué à réconcilier les Français avec leurs dirigeants”, et souhaite à présent « donner plus de force à notre démocratie”. C’est en tout cas ce qu’il promet dans son discours.

Afin de remettre au cœur de la politique française la “proximité”, la simplification et l’“efficacité”, le Chef de l’État veut que « s’impose pour l’État un nouvel état d’esprit : la confiance faite au terrain”. De quoi lancer, notamment, « un nouveau projet de décentralisation et de différenciation” et aussi mettre les élus face à leurs responsabilités.

Fiscalité et plan social

La fiscalité a probablement été le sujet le plus abordé durant le grand débat. Tout comme le pouvoir d’achat, ces thèmes ont ouvert la voie à  une baisse “significative” de l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes, financée notamment par la suppression de certaines niches. Toujours selon le texte de l’allocution dont l’AFP a eu copie. Le chef de l’État défend encore et toujours la réforme de l’ISF, mais ne reste pas figé sur ses convictions comme auparavant. Il s’engage même, si besoin, à des modifications et corrections nécessaires.”

Quant aux retraités, il confirme la réindexation des retraites petites et moyennes, c’est-à-dire inférieures à 2.000 euros.

Il souhaite également que la prime Macron de 1.000 € défiscalisée (et sans cotisations sociales) décidée fin décembre 2018 face au mouvement des “gilets jaunes”  soit pérennisée et ouverte aux employeurs chaque année.

La décentralisation au cœur du projet d’Emmanuel Macron

La réforme de la haute fonction publique, un autre gros morceau de l’allocution du président.

Première mesure, l’ENA et l’ENM (École nationale de la magistrature) sont supprimées. Cette décision soudaine a pourtant été mûrement réfléchie. Voyant les inégalités grandir et les Français s’éloigner de leur administration (et haute administration), il fallait modifier en profondeur le système de formation de ces secteurs. Une distance abyssale qui a poussé Emmanuel Macron à s’engager durablement.

Ce qui nous amène à la deuxième mesure, le président promet qu’il n’y aura plus de fermeture d’école ou d’hôpital d’ici la fin du quinquennat. Du moins pas sans accord des maires des communes concernées.

Troisième mesure, le président veut aussi un nouvel acte de décentralisation :

Je crois en l’État, qui en France a construit la Nation. Mais nous avons besoin sur tous les sujets du quotidien, de décider plus vite, plus simplement, plus clairement, au plus près de nos concitoyens, déclare le chef de l’État dans son allocution non diffusée. Nous allons dans chaque région lancer un travail profond avec les élus et les forces vives afin de simplifier le mille-feuille de notre organisation selon le modèle adapté à chacun”.

Et après ?

Le chef de l’État prévoit de continuer ce grand débat, du moins cette parole libre et citoyenne. La forme qu’il prendra n’a pas encore été précisée. Mais cela pourra, par exemple, ressembler à une grande conférence sociale qui pourrait réunir les partenaires sociaux sur le “pouvoir de vivre”. Enfin, Emmanuel Macron a ajouté que tout cela passera notamment par un référendum d’initiative partagée (RIP) assoupli d’une part et des référendums d’initiative citoyenne (RIC), seulement au niveau local.